Parlons procrastination

Contrairement à ce que son nom sexy pourrait laisser croire, la procrastination n’est ni une pratique sexuelle exotique et furieusement excitante ni une méthode de contraception aussi révolutionnaire qu’efficace (quoique…). C’est juste cette capacité extraordinaire qu’a chaque être humain (certains plus que d’autres toutefois) à repousser toute tâche désagréable, ou juste semi-désagréable, à une date ultérieure et non-définie.

La flemme quoi.

 

Les lecteurs les plus assidus parmi vous ont sûrement remarqué une légère baisse de rythme ces derniers mois (très légère hein, ça se joue à deux, trois articles pas plus) et, si j’ai pu légitimement blâmé ma traditionnelle « déprime » (#euphémisme) de fin d’année, ça fait maintenant quelques semaines que je vais globalement mieux et que je dois faire face à la triste réalité : je n’écris plus parce que j’ai la flemme.

(et un léger manque d’inspiration aussi. Mais bon, surtout la flemme)

J’ai la chance de ne pas travailler pendant les vacances scolaires et je m’étais vaguement promis d’envisager la possibilité d’écrire un ou deux articles pendant cette période mais nous sommes présentement le 8 janvier, je reprends le travail dans deux jours et voici mon premier article de l’année.

C’est triste, je m’en rends bien compte, et c’est pour ça que je compte me flageller dès la fin de la rédaction de cet article (enfin dès que j’aurais trouvé la motivation de me lever chercher un fouet).

 

Pour rester dans le thème de la procrastination, je vous propose la liste de mes pires/meilleures prétextes pour ne rien foutre.

 

Jouer à des jeux à la con

Maintenant que je suis enfin entrée de plein pied dans le 21è siècle en investissant dans un smartphone digne de ce nom, j’ai suffisamment de puissance et de mémoire pour télécharger pleeeeeeiiiiiiiiin de jeux dans l’unique but de perdre des heures de ma vie à ne pas écrire.

Les Simpson, Disney Battle Heroes, Star Trek, Candy Crush

J’ai même téléchargé un jeu Tamagotchi. Tamagotchi !! Comme quand j’avais 6 ans et que je pleurais en rentrant de l’école parce que Snoopy était mort de faim… sauf que maintenant je suis une adulte responsable moralement dérangée à l’idée de maltraiter un autre être vivant (plus ou moins) et qui dormirait très mal si elle savait que Violetchi était sale et avait fait caca partout.

Donc je suis obligée de jouer, non ? Quand on y réfléchit c’est pas vraiment de la flemme, plutôt un devoir de bon citoyen respectueux de l’autre.

Et bien sûr tous ces jeux ont des missions quotidiennes qu’il faut ABSOLUMENT réaliser sous peine de mort lente et douloureuse (si, c’est écrit en petits caractères dans les clauses de confidentialité).

Donc là aussi je suis obligée de jouer, mais bon c’est toujours pas de la flemme, j’ai juste envie de vivre suffisamment longtemps pour voir Jon Snow divorcer et pouvoir enfin le pécho.

Et puis je suis une perfectionniste, quand je commence quelque chose je veux le faire bien. Donc faut prendre le temps, c’est normal, faire correctement évoluer ses personnages/sa base spatiale/sa ville… on ne commence pas quelque chose pour le bâcler comme un sagouin !

Donc, encore une fois, je suis obligée de jouer… c’est toujours pas de la flemme, juste la preuve que je suis une personne consciencieuse qui s’investit à fond dans ses projets.

 

Tomber malade

Quelle est la seule bonne excuse pour ne rien foutre ? Mourir d’accord, mais donc l’autre bonne excuse ?

Etre malade, tout à fait !

Est-ce qu’on demande à une pauvre demoiselle en détresse en train de se vider des deux côtés de tenir son blog ou d’obtenir le prix Goncourt ? Bien sûr que non, on l’a laisse perdre sa dignité tranquillement pendant qu’on regarde ailleurs.

J’accueille donc chaque rhume, chaque nausée, chaque caca liquide avec une prière de remerciements à mon système immunitaire déficient : j’ai le droit de ne rien foutre et de passer mon aprèm à gagner des badges pour mes personnages Disney, merci mes globules blancs en RTT !

Je ne dis pas que j’en suis au stade de courir à poil dans le brouillard humide de novembre ou de ne pas me laver les mains après avoir satisfait mes besoins naturels (pour l’instant mon hypocondrie surpasse ma tendance à la flemme) mais la maladie n’est pas mon ennemi naturel.

 

Regarder le championnat du monde de fléchettes

Là on quitte le domaine de « l’excuse à la flemme » pour entrer dans celui de « les conséquences désastreuses de la flemme »…

Le contexte : je vivais encore avec mes parents et mon père est un grand admirateur des retransmissions sportives. TRES grand admirateur de TOUTES les retransmissions sportives. Si un soir d’insomnie vous tombez sur un truc totalement improbable comme la compétition olympique de curling ou le championnat pakistanais de billard et que vous vous demandez « Mais qui peut bien regarder ce genre de choses ? » la réponse est : mon père.

(d’ailleurs il y a de fortes chances qu’il soit lui-même assis sur son canapé au même instant en train de passer un très bon moment devant sa télé)

J’étais donc avachie sur le canapé dans la fameuse pose dite du « Mollusque invertébré », à fixer d’un oeil torve l’écran de la télé pendant que mon père zappait jusqu’à tomber sur… le championnat du monde de fléchettes.

Et qu’est-ce que j’ai fais ?

Rien.

J’ai gardé ma pose du « Mollusque invertébré » dans une endurance qui aurait fait rougir de jalousie n’importe quel prof de yoga, j’ai continué de fixer d’un oeil torve l’écran de la télé et je me suis livrée à une bataille intérieure pour me pousser à me lever du canapé et faire quelque chose de plus constructif (comme regarder le plafond de ma chambre).

(j’ai perdu cette bataille)

Si vous n’avez jamais eu la chance de regarder un championnat du monde de fléchettes, je vais vous en faire un rapide topo : vous prenez trois kilos d’ennui pur, vous les roulez dans de la pâte d’emmerdement profond, vous mettez ça au four pendant 45mn, vous saupoudrez de beaucoup de baillements et c’est prêt !

Est-ce que la flemme m’avait déjà fait atteindre un tel degré de déchéance ?

Non, jamais et pour l’instant j’essaie de lutter pour ne plus replonger aussi bas.

 

Regarder des séries à la con

Si j’essaie de lutter contre cette tendance, pendant longtemps j’ai usé de mes élans nostalgiques pour glandouiller grave.

(comme je l’aurais dis si j’avais encore 15 ans)

On entre sur un nouveau terrain honteux mais je ne suis plus à ça près : je regardais Arabesque (que j’ai remplacé par Hercule Poirot et maintenant par Arte).

J’adorais cette série étant enfant (elle passait sur TF1 après Les feux de l’amour même si je n’avouerais jamais comment je le sais) et, comme je suis aussi accro à la nostalgie que d’autres à la caféine, je passais de loooooongues aprèm à regarder des épisodes que je connaissais par coeur en jouant à des aussi constructifs et passionnants que Candy Crush.

« Mais bon, là j’ai commencé un épisode, ce serait dommage de ne pas le finir… oh et ça c’est un de mes épisodes préférés, ce serait dommage de le rater, il ne sera rediffusé que 5467865 fois d’ici à la fin du mois ! »

Quand j’en suis arrivée à un niveau de revisionnage tel que je ne pouvais plus me leurrer moi-même, je suis passée à Hercule Poirot. Et maintenant j’ai trouvé une parade encore plus maligne : Arte.

Je regarde tous les replay de leurs émissions, ce qui me donne l’impression de faire quelque chose de productif parce que j’apprends des choses et qu’en plus ça me permet de me la péter en soirée, mais ça reste malgré tout une manière de faire autre chose qu’écrire (sur ce blog ou ailleurs).

(ce qui est dommage parce que bientôt je pourrai écrire un essai parfaitement bien construit et argumenté sur la situation politico-militaire de l’Iran)

 

Organiser un anniversaire surprise à mon copain

Alors là de deux choses l’une : soit vous vous dîtes que mon copain est tellement indifférent à ce que je fais qu’il ne lira pas cet article avant Noël prochain (ce qui n’est pas totalement faux) , soit que je n’ai pas compris le principe d’un anniversaire surprise.

Calmez vos angoisses petits padawans : quand cet article sera publié l’anniversaire en question sera passé et il n’y aura plus de surprise à gâcher !

Mais s’occuper des autres est le meilleur moyen de ne pas s’occuper de soi.

Prévoir la location de la salle, le menu, les invitations, la déco… ça prend un temps précieux que du coup je n’ai plus pour réfléchir à de nouveaux articles. C’est ballot mais c’est pour la bonne cause du coup c’est pas vraiment de la flemme.

(sachant que j’utilise les trois points ci-dessus pour repousser au dernier moment l’exécution de toutes ces tâches)

L’altruisme, excellente excuse pour ne rien foutre !

 

J’espère que cet article vous aura été utile et vous aura donné de bons conseils pour la prochaine fois que vous aurez très envie de ne pas faire quelque chose. Mais maintenant je dois vous laisser, j’ai un plafond à contempler.

 

3 commentaires sur “Parlons procrastination

  1. XD
    Quel dommage je manque d’emoji explosés de rire pour argumenter ce commentaire écrit depuis mon PC…
    Et puis j’avais promis d’aller me coucher….
    mais OMG qu’est-ce que je me reconnais dans ces situations….
    que ce soit les retransmissions télé de sports IMPROBABLES
    ou bien les séries à la con (j’ai juste envie de nommer … H2O …. et de te laisser googler la suite pour garder un semblant de dignité XD)
    ALLEZ cette fois c’est la bonne.

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