Confinement jour 15 : Bilan de la semaine #2

Deuxième semaine de confinement, déjà la moitié pour ceux qui croient encore que tout ce cirque peut se terminer en un mois, un tiers seulement pour ceux qui seront déjà contents si on en sort au bout de 45 jours et une goutte d’eau dans l’océan pour ceux qui sont morts.

(pardon)

Comme l’être humain s’habitue à tout, surtout s’il a Netflix et des Kinder Bueno, je suis déjà bien rentrée dans ma routine de confinement et, objectivement, je ne vois pas le temps passer.

Bien sûr, il est probable que ce soit surtout lié au fait que tous les jours se ressemblent, que sans mon téléphone je suis incapable de savoir quel jour on est (j’étais persuadée en faisant mes courses qu’aujourd’hui c’était jeudi) et que depuis le changement d’heure mon corps est en panique permanente, ayant perdu tout ses repères temporels.

Une seule heure vous manque et tout est dépeuplé…

 

Etat physique et mental

Je m’enfonce lentement mais sûrement dans mon addiction au sport (plus de 8h cette semaine, on voit que j’ai pas grand-chose d’autre à foutre). Le résultat commence à se faire sentir (encore heureux, sinon j’aurais déjà abandonné pour embrasser pleinement mon destin de diabète et de sédentarité forcée) et, sans être trop optimiste, je pense pouvoir dire que j’arriverai à ouvrir toute seule mes pots de confiture d’ici à la fin du confinement.

Alors je ne veux pas créer de polémique suite à cette déclaration, je sais que ça peut sembler présomptueux, surtout annoncé comme ça de but en blanc « Moi j’ouvre mes pots de confiture toute seule gnagnagna », mais j’ai choisi la voie de l’honnêteté pour ce blog et j’assume mes propos : d’ici deux semaines, voire moins, j’ouvrirai mes pots de confiture toute seule.

Get over it comme dirait Boris Johnson s’il n’était pas en train de modifier toute la politique britannique face au coronavirus pour éviter de mourir lui-même.

 

Si physiquement je ne m’en sors pas trop mal (bien sûr j’ai toujours l’impression d’être flasque et trop grosse mais là c’est ma dysmorphie le problème, pas la pratique ou non du sport), mentalement ça ne va pas trop mal non plus.

(haha,comment  j’ai réussi à introduire un peu de suspense en mode « Si physiquement ça va très bien, mentalement je parle à mes murs et je mange mes cheveux » ! Si je n’étais pas aussi équilibrée psychologiquement, je ricanerai à pleine gorge comme un génie du mal particulièrement diabolique)

En fait le temps passe vite (surtout depuis ce changement d’heure à la mords-moi-le-noeud, #teamheuredhiverforever) et je me suis créée une routine très satisfaisante.

Grasse mat’ XXL (joie de ne pas avoir d’enfant), lecture, écriture, sport, cuisine, visionnage de film ou de série… mes journées sont pleines de mes activités préférées et, si je pouvais boire des verres en terrasse, ma vie serait parfaite !

Alors bien sûr, il y a toujours certaines personnes qui ne jouent qu’à moitié le jeu (ceux qui se sont mis au jogging depuis deux jours juste pour sortir ON VOUS VOIT. Vous pensez tromper qui en courant dans un t-shirt UCPA XXL avec des Converse aux pieds ? En plus vous crachez vos poumons rien qu’en sortant la poubelle, cessez donc cette mascarade !)

Idem pour ceux qui allaient à la salle de sports une fois par mois et qui maintenant veulent nous faire croire que s’ils ne font pas 15h de sport par jour leur corps va se dessécher et disparaître. Et comme il n’existe aucune pratique sportive qui peut se faire en intérieur (dès que toute cette histoire sera terminée j’inventerai les pompes, les squats, les abdos, les burpees et plusieurs types de planche, et si j’ai le temps je pousserai jusqu’à la course sur place, aux jumping jacks et aux squats sautés), ils sont bien évidemment obligés de sortir.

(c’est prouvé scientifiquement, toute activité sportive perd 15% de son efficacité si vous ne la pratiquez pas devant au moins 12 personnes différentes)

Bref, en-dehors de tout ces anonymes incapables de prendre sur eux pendant un mois quand même les sportifs de haut niveau ne sortent plus, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Et, après réflexion, je devrais les remercier. Plus le confinement durera, plus j’aurai le temps de ne faire que ce que j’aime.

 

 

Productivité

C’est moins flagrant sur ce blog mais oui, je suis toujours aussi productive ! Moins d’articles parce que j’ai un peu moins de choses à dire (c’est l’inconvénient quand on ne voit jamais d’autres paysages que les murs de son salon et de sa chambre) mais j’ai écris quasiment tous les jours cette semaine. En plus du bilan de la semaine dernière et d’un article pratique sur les cadavres encombrants, j’ai écris plusieurs nouvelles que je réserve pour un compte Instagram qu’on va sortir avec mon copain cette semaine.

(il fait les photos, j’écris une courte nouvelle pour les accompagner)

(et oui, je sais que je déteste Instagram mais quand vous êtes confinés h24 avec la même personne ça devient compliqué de dire « non » tout le temps)

J’ai également participé à un concours de nouvelles mais je n’y crois pas trop… au pire, ça fera un écrit récent pour le site short edition que je néglige un peu trop ces derniers temps !

Je me rends compte que c’est aussi ce rythme d’écriture qui me fait me sentir bien. J’ai le sentiment du « devoir accompli », plus celui de la culpabilité parce que je devrais travailler sur un projet, n’importe lequel, mais que je ne le fais pas. Donc croisons les doigts pour que les stylos ne soient pas en rupture de stock !

 

 

Livres

Mon bilan du mois sortira vendredi (pour toi public adoré !) mais je continue à mon petit rythme avec une vraie joie : j’attaque enfin la pal de ma bibliothèque !!

Depuis 5 ans et le début de mon abonnement à la médiathèque, je ne lis plus les livres que j’ai acheté ou qu’on m’offre, certains doivent même me suivre depuis au moins 10 ans… pendant longtemps j’ai d’ailleurs été sincèrement persuadée que le seul moyen de me mettre à les lire serait une apocalypse zombie (oui, dans ma tête c’était une possibilité tout à fait envisageable). Heureusement pour moi, une simple pandémie mondiale a suffit !

Grâce à Covid »gangbang forever »19 qui a causé la fermeture de toutes les médiathèques et la prolongation de tous les prêts jusqu’au 1er juillet (les bibliothécaires savent-ils des choses sur la durée du confinement que nous ignorons ?), je peux freiner sur la lecture de mes emprunts et me mettre enfin aux livres qui m’appartiennent à moi toute seule et sur lesquels personne n’a posé des mains pleines de molécules de caca (à part moi) !

Donc après Solomon Kane (répétitif, raciste et longuet, tout pour plaire) et Watchmen (génialissime), j’ai enfin attaqué un de mes livres : Pique-nique à Hanging Rock !

J’en parlerai plus avant vendredi mais j’ai bien aimé cette lecture, à l’ambiance envoûtante très proche de l’excellent film de Peter Weir que je vous conseille.

 

 

Films/séries

On continue nos découvertes vidéos avec la série Prodigal Son (ouais, à moi aussi ça arrive de regarder TF1). La série me vendait du rêve à cause de Michael Sheen (qui ne sera plus jamais aussi sexy que dans Underworld, heureusement qu’il joue bien) et de sa relation tordue avec son fils. Ce dernier est consultant pour la police tandis que papounet est interné pour les meurtres sadiques de beaucoup trop de gens (et lui n’a pas l’excuse du confinement). Je m’attendais à une série décalée qui mettrait à l’honneur cette relation « Starling/Lecter » 2.0, avec beaucoup de manipulations, de mensonges et de tensions oedipiennes d’un côté comme de l’autre mais on est sur TF1… la série se rapproche donc plus d’un Esprits criminels dans une famille dysfonctionnelle (parce qu’ok, le papa a tué des gens et c’est pas très très sympa mais faire croire qu’une mère qui fait des doubles des clefs de ses gamins sans les en avertir pour débarquer chez eux quand ça lui chante est normale et juste « attentionnée » ? Freud dit que parfois une mère ultra-possessive et castratrice est juste une mère ultra-possessive et castratrice). A voir dans la durée mais si Michael « Je massacre des gens avant la kermesse de l’école » Sheen ne prend pas plus d’ampleur dans la série, son intérêt risque d’en être grandement émoussé.

 

On a aussi regardé la première saison de Carnival Row, qui me bottait très moyennement uniquement à cause de la présence de Clara Delevingne. Elle ne m’a jamais rien fais, je ne la connais pas mais j’ai un gros problème avec l’implantation de ses sourcils et son tatouage moche sur le doigt.

(je suis Française ok ? Détester des gens sans aucune raison valable est un de mes privilèges de droit divin)

Je suis tolérante, je pense que ce n’est pas parce que vous ne partagez pas mon orientation sexuelle, ma religion (ou absence de religion), ma nationalité, mon régime alimentaire, mes goûts musicaux, ma couleur de peau, de cheveux et de vernis que vous méritez de mourir mais je ne peux pas accepter non plus qu’on se foute de ma gueule avec une pilosité faciale sans queue ni tête ou un lion moribond sur l’index.

La civilisation c’est savoir poser des limites et si on commence à faire n’importe quoi avec ses sourcils alors autant allez tous ensemble lécher les barres de métro !

Ceci posé, Carnival Row a été une bonne surprise. Même si la pauvre ne fait rien pour ses sourcils, elle a au moins la décence de cacher son Simba nonagénaire et parkinsonien.

La série est surtout prétexte à une critique politique cachée sous les travers de la fantasy. Voyez plutôt : Les fées vivent dans leur royaume prospère, aux multiples richesse, qui tentent de plus en plus les humains, habitant le Burgue… ceux-ci déclenchent une guerre qui se solde par la victoire du Pacte, un groupuscule de fées extrémistes dont la gestion catastrophique du pays poussent ses habitants, 7 ans plus tard, à fuir en masse.

(ça ne rappelle rien à personne ?)

Seulement les habitants du Burgue voit d’un mauvais oeil l’arrivée massive de ces fées et autres faunes sur leur beau territoire… en même temps ils ont pas la même culture ni la même religion, vous comprenez bien ma pov’ Lucette !

(vraiment, toujours rien ?)

Les nouveaux arrivants sont donc regroupés dans Carnival Row, privés de leurs droits élémentaires, victimes de nombreuses brimades et injustices et tout juste bon à servir d’esclaves, de prostituées et de domestiques. La tension sociale est à son comble car les partisans d’une politique encore plus dure envers ces étrangers ailés se font de plus en plus entendre.

(même pas en se creusant un peu la cervelle ?)

C’est dans cette période troublée que des meurtres sanglants et particulièrement brutaux vont être commis. Philo, inspecteur au passé chargé, doit mener l’enquête…

Visuellement réussie, intéressante dans sa construction et juste dans son analyse politique de la situation europ… burguienne (notamment le passage où la tenante d’une ligne dure contre les fées reconnait elle-même qu’elle n’a rien contre elles, c’est juste un moyen comme un autre de créer du « chaos » et donc de pouvoir sortir son épingle du jeu dans une situation politique tendue), Carnival Row se suit sans déplaisir.

Alors il y a quelques bémols (les histoires d’amour se font en 5 secondes et les scènes de sexe gratuites ont tendance à fleurir) mais dans l’ensemble cette série est une réussite.

 

Et on a commencé Good Omens ! J’en parlerai plus la semaine prochaine mais pour l’instant la série est très prometteuse. On y retrouve David Tennant, qui justifie la création de l’Ecosse a lui tout seul et Michael Sheen, qui n’est toujours pas aussi sexy que dans Underworld mais heureusement il joue bien. On retrouve la patte décalée, humoristique et délicieusement loufoque de Neil Gaiman (auteur du livre et de la série). A voir d’ici à la semaine prochaine mais pour l’instant je valide !

 

En film, ça a été plus calme. Une nouvelle déception Netflix avec Fractured, thriller pseudo-fantastique dont la fin se devine littéralement dans les 10 premières minutes. Un voyage au bout de l’ennui avec un Sam Worthington qui rendait mieux quand il était bleu.

Grâce aux multiples offres de chaînes ciné qui fleurissent de partout (non, le confinement a quand même beaucoup de positif) on a pu revisionner Deadpool 2 (confirmant ainsi qu’il ne vaut pas son aîné, même avec son super générique final) et le Predator de Shane Black qui était nul au ciné et qui l’est toujours à la télé (c’était important pour moi de vérifier que c’était bien le cas).

 

 

Autres activités :

Ben écoutez mes loulous, ça me semblait déjà pas mal tout ça ! Toujours à vouloir faire plus, plus, plus… la valeur du rien, ça s’apprend !

Tout ça pour ne pas reconnaître que mon addiction à Facebook ne va pas mieux… je continue de lire tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi, on est quand même sur Facebook) et de m’alarmer sur l’absence d’intelligence chez autrui (ce qui est vraisemblablement la raison pour laquelle Facebook a été crée au départ).

 

Maintenant j’ai aussi installé l’appli Yuka. J’en avais déjà entendu parler mais je préférais vivre dans l’ignorance de la toxicité de ce que je mangeais et buvais mais en période de confinement, vos ennemis d’hier deviennent vos compagnons supportables d’aujourd’hui. On a donc passé une super matinée à scanner tout ce qu’on trouvait et qui possédait un code-barres.

La bonne surprise c’est que je mange mieux que ce que je pensais (les plats cuisinés et les salades préparées que je mange à midi en étant persuadée de bouffer du gras et du sel sous plastique sont en fait très bien notés)(ça nous force quand même à nous questionner sur notre capacité à acheter des choses alors même qu’on est persuadé qu’elles sont mauvaises). La mauvaise c’est que quasiment tous mes produits d’hygiène sont bons à jeter.

(spoiler alert : Dove et Mixa qu’on vous vend comme « Pour toute la famille », « Avec un quart de lait hydratant », « Approuvé par les peaux sensibles » eh ben en vrai, c’est de la grosse merde)

Comme j’ai des stocks pour 15 ans et que je suis trop pauvre pour tout racheter je continue d’utiliser ces produits, mais au moins je sais que c’est de la merde et ça, ça change tout !

 

Et, dernière activité de folie, cette semaine j’ai fais les courses ! On se partage cette tâche avec mon cher et tendre, on y va une fois par semaine à tour de rôle et aujourd’hui, c’était à moi.

Quand les courses, tâche ménagère relou comme toutes les tâches ménagères, deviennent une aventure passionnante, c’est que ça commence quand même à faire longtemps que t’es confinée…

En général je fais ça le plus vite possible parce que les supermarchés donnent envie de se pendre avec des tripes de pangolin mais là, tout sens pratique m’avait quitté.

« Oh non, je suis obligée de revenir sur mes pas chercher le concentré de tomates… zuuuuuuut alors »

Par-contre j’ai bien noté que même avec le sport, les jambes ne sont plus dans le même état qu’avant. J’en ai pour 5mn à pied jusqu’au supermarché le plus proche et en revenant j’avais l’impression d’avoir parcouru 15564km et j’avais juste envie de m’affaler sur le canapé. Est-ce qu’une forme contre-nature de greffe est en train de s’opérer entre nous ?

Mais je note encore un point positif de ce coronavirus (décidément, à se demander pourquoi on tient tellement à lutter contre lui)(les gens qui meurent ? Mmmmmmh possible…) : on apprend enfin à apprécier les petites choses.

Comme dit plus haut, les courses deviennent une folle aventure qui permet de marcher et de sortir au soleil ! De se rappeler que des gens vivent encore autour de nous. Et, vu la dèche que c’est dans mon supermarché, d’être content quand on trouve des produits aussi exotiques que des oeufs, de la farine ou des corn-flakes.

Avant, aller à Auchan et choisir entre 57 sortes d’oeufs était normal. Maintenant quand j’arrive à en trouver une boîte de 6 de la marque Bien vu j’ai envie de pleurer et de sacrifier un nouveau-né en remerciement.

Notre société de consommation nous avait blasé, la pandémie nous redonne le goût des petites riens (comme celui des oeufs brouillés au fromage, par-exemple).

Quand je pense que ça fait des années que certains peine à atteindre cet état d’esprit positif alors qu’il suffisait d’une pandémie mondiale sur quelques semaines…

 

 

Conclusion

Je pense qu’on peut dire que, physiquement et mentalement, cette épreuve se révèle moins pire que je ne l’avais imaginé.

(Dieu bénisse l’absence d’enfants)

Je sortirai de cette épidémie plus en forme qu’en y entrant et je pourrai enfin envoyer un message à ceux qui m’ont offert un livre ces dernières années « Viens de finir [insérer ici le titre du livre], merci encore pour le cadeau ! ».

J’ai peut-être trouvé ma vocation pour un futur métier… confinée professionnelle, ça existe ?

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