Jour de confinement 55 : Bilan du confinement

Et voilà c’est officiel, le confinement est fini !

(pour l’instant)

On nous l’a bien expliqué, la fin du confinement ne signifie pas un retour à la normale « normal » puisque le MEDEF est bien parti pour nous niquer plus d’acquis sociaux encore plus vite que prévu il va falloir faire des efforts pour vivre intelligemment avec le virus.

(ce qui est la raison pour laquelle on va tous mourir)

Comme ce serait dommage d’avoir fait SEPT bilans de la semaine (oui, j’attends des applaudissements) sans finir en apothéose sur un bilan total, je vous propose aujourd’hui mon bilan du confinement !

Est-ce que j’ai réussi mon confinement ? Est-ce que j’ai été productive ? Est-ce que j’ai acquis de nouvelles compétences pour développer mon potentiel d’entrepreneuse de moi-même ou est-ce que je ne suis qu’une glandeuse qui restera toujours en marge de la startup nation ?

Mais surtout : est-ce que j’ai fini et aimé la cinquième saison de Better Call Saul ?

(je sais que vous auriez été malheureux si vous n’aviez pas connu la réponse à cette question)

 

 

Etat physique et mental

Physiquement, pas grand-chose à résumer de ce confinement.

Je suis obligée de reconnaître que j’ai été très déçue de découvrir que je ne pouvais pas compter sur ma fesse gauche en cas d’efforts un peu intenses… on dépasse les 10h de sport et, sous prétexte qu’on n’a pas l’habitude, c’est trop de pression et on s’effondre. Heureusement qu’elle n’était pas au gouvernement pendant cette crise du Covid…  imaginez que dans un instant de panique elle achète 8500 respirateurs inadaptés aux malades du Covid ! On a eu chaud aux fesses.

(c’est le cas de le dire)

Et, malgré mon investissement dans la pratique du yoga, je suis au regret de reconnaître que ma souplesse n’a pas bougé d’un iota. J’ai toujours l’air con quand je dois faire un grand écart, me pencher en avant pour toucher le sol ou lever ma jambe en l’air et la tenir droite.

Je persiste quand même parce qu’on ne peut pas être un fier membre de la startup nation et abandonner au premier claquage musculaire (ou à la cent douzième humiliation).

 

Mentalement, ça a été de vraies montagnes russes. Entre la joie du début du confinement (oui, j’assume) avec des journées passées à écrire, lire, regarder des films et séries et faire du sport tout en ayant le sentiment de vivre un évènement « historique », l’angoisse du milieu à cause des informations contradictoires sur les réseaux sociaux et de l’incertitude quant au futur et l’apaisement de la fin à partir du moment où j’ai su que je ne me mangerai pas le début brouillon du déconfinement (solidarité ? Quelle solidarité ?), j’ai expérimenté une gamme d’émotions plus variée que les essais capillaires de Nicolas « Moumoute for ever » Cage.

Si je dois en retenir quelque chose c’est que maintenant je suis sûre que Facebook a été inventé par Big Pharma dans le seul but de nous vendre des anxiolytiques : 15mn sur un fil d’actualité et j’avais envie d’avaler une boîte de Xanax.

(tout ça pour leur permettre de financer le vaccin à la 5G qu’ils nous injecteront bientôt via les compteurs Linky, quelle bande d’enfoirés quand même)

Note à moi-même pour un confinement futur : même si tu as très très envie de sentir la présence des gens autour de toi, ne va pas sur Facebook. Contente-toi de te tenir immobile au milieu d’une rangée de supermarché, tu auras tout le contact humain que tu (ne) veux (pas)

 

 

Productivité

Ces deux derniers mois j’ai fais la fierté de tous les startupeurs d’ici et d’ailleurs en écrivant 5 à 6 jours par semaine (je me gardais quand même un « week-end », c’est important d’en profiter avant que Geoffroy Roux de Bézieux, Geoffy pour les non-intimes, ne nous sucre les samedi, dimanche, jours fériés et congés payés pour « réparer la crise économique »).

Non seulement j’ai écris (pour votre plus grand plaisir) sur ce blog mais en plus j’ai lancé un nouveau projet avec mon copain : une page Instagram @temps_de_prose !

Devant tant d’esprit d’initiative, Macron pense à m’ériger une statue avec la nouvelle vaisselle de l’Elysée, Philippe est prêt à se teindre la barbe en orange (ma couleur préférée), Sibeth veut donner mon nom à un champ de fraises et Blanquer a mis ma photo sur tous les distributeurs de savon des toilettes scolaires.

 

 

Acquisition de nouvelles compétences

Comme l’a dit un philosophe heureusement anonyme, « Mon ami (alors qu’on n’a pas gardé les cochons ensemble, j’aime pas les gens qui me donnent leur affection alors que je leur demande juste de respecter une distanciation sociale de 4m), si tu ne sors pas de ce confinement avec : une nouvelle compétence, une nouvelle idée de business, un nouveau projet, une nouvelle vision du monde, plus de connaissances alors ce n’est pas le temps qui te manquait mais la volonté ! »

Même si c’est la preuve éclatante qu’il faudrait stériliser chaque utilisateur de Linkedin (pas assez de psy et de Xanax pour gérer toute cette population et leur progéniture), j’ai décidé d’appliquer cette magnifique pensée à mon bilan du confinement histoire de voir si un jour je pourrais faire de la trottinette électrique, porter une chemise à carreaux, boire des Moccachino vegan et faire des conf’call en b 2 b pour brainstormer avec mon community manager à propos de digital marketing sans ressentir un fort syndrome de l’imposteur.

 

Malheureusement ça commence mal, on ne peut pas vraiment dire que j’ai upgradé mon logiciel personnel pendant ces deux derniers mois… j’ai bien fais mon premier carrot cake mais je ne suis pas sûre de la valeur de ce genre de réalisation sur le marché du travail.

A part quelques expériences culinaires (j’ai aussi tenté un gratin de patates douces au lait de coco, ma créativité n’a pas de limite !), j’ai le regret d’informer tous les repousseurs de limites du monde que je suis restée sur mes compétences déjà acquises (et malheureusement fort peu utiles pour la création d’une économie 3.0, il n’y a pas encore de marché pour les gens capable de réciter tout Le Bossu de Notre-Dame sans se tromper).

 

 

Nouvelle idée de business

Vous le savez maintenant, ma vocation est d’être pauvre.

Vu mon incapacité flagrante à développer de nouvelles compétences alors que je n’avais que ça à faire pendant deux mois (ça prend pas 12h par jour d’avoir des crises d’angoisse hein ! Faut arrêter de se chercher des excuses), je n’ai eu aucune nouvelle idée de business.

Rien de neuf à apporter à l’économie digitale, marketing, verte ou solidaire… je me contenterai donc de continuer à garder les enfants des autres, Elon Musk et Jeff Bezos pleurent de honte en lisant ces phrases qui dénotent un manque terrible de motivation, d’entreprise et d’audace.

Ce n’est pas le coronavirus qui tue l’économie mais tous les incapables qui refusent de prendre des risques pour créer des business disruptifs !

 

 

Un nouveau projet

Et là, Jeff et Elon (qui aurait dû lire L’Officiel des Prénoms avant de se reproduire, toutes nos condoléances au petit X A Æ-12 dont on sait déjà qu’il va bien souffrir dans la vie) sautent de joie car ils ont lu l’article depuis le début (ce qui est gentil de leur part, exploiter autrui et ruiner l’avenir de leurs enfants leur prend quand même un temps considérable) et savent que j’ai un nouveau projet !

Alors certes avec 50 abonnés on n’en est pas encore au stade « d’influenceurs » et j’ai autant de chance de gagner de l’argent avec ce compte que X A Æ-12 de ne pas consulter un psy mais ça reste un projet.

Et, comme je suis totalement disruptive, je vais même tenter une argumentation à base de « L’argent c’est surfait », « Est-ce que notre économie monétaire n’est pas en bout de course ? N’est-il pas temps de réfléchir à d’autres formes d’échange ? » et autres « Je ne fais pas ça pour l’argent car je n’ en ai pas besoin, je me nourris de connaissances, je bois de nouvelles compétences et je respire de l’expérience. L’argent est secondaire, ce que je veux c’est apprendre et m’élever pour devenir la meilleure version possible de moi-même ! Savoir que j’apporte un plus à Instagram suffit à payer mon loyer ».

(au prochain confinement, je m’inscrit sur Linkedin et j’écris un bouquin de développement personnel)

 

 

Une nouvelle vision du monde

Nouvelle déception, je n’ai pas mangé suffisamment de connaissances, bu suffisamment de nouvelles compétences et respiré suffisamment de nouvelles expériences pour développer une nouvelle vision du monde…

Je pensais que les gens étaient globalement assez cons et ils prouvent chaque jour que c’est effectivement le cas. Ca me fait mal de le dire mais s’il y a bien un point sur lequel Sibeth n’avait pas totalement tort, c’est la difficulté pour beaucoup de porter correctement un masque.

(ON NE L’ENLEVE PAS POUR SE FAIRE LA BISE OU PARLER BORDEL)

 

De la même manière, je pensais que le gouvernement était composé de branques incompétents seulement bons à protéger les intérêts d’une minorité d’ultra-riches et la crise du coronavirus a prouvé que c’est exactement ce qu’ils sont.

Impréparation totale, mensonges éhontés (vous vous rappelez ces fameux masques inutiles qui maintenant sont obligatoires dans les transports en commun sous peine d’amende ?), amateurisme flagrant, communication exécrable, discours contradictoires…

J’ai plus confiance en ma fesse gauche qu’en eux, ça veut tout dire !

 

Bref, deux mois à ne pas créer de business rentable sans être pourtant capable de modifier ma vision du monde… X A Æ-12 trouverait ça vraiment triste s’il ne pleurait pas déjà à chaque fois qu’il regarde sa carte d’identité.

 

 

Plus de connaissances

Autre point sur lequel ma vision du monde n’a pas changé : Arte c’est quand même sympa.

Car si j’ai acquis plus de connaissances, ce n’est pas uniquement grâce à mes (nombreuses) lectures (même si j’ai appris beaucoup de choses sur les vampires et les complots chrétiens grâce à Preacher) mais surtout grâce à Arte et ses 125466366 documentaires regardés pendant ce confinement.

Obésité, Betty Boop, guerres en Afghanistan, Berlin en 1945, excision, décolonisation, OMS et lobbys, épidémies, histoire du mouvement ouvrier, féminisme dans l’Islam, surveillance de masse, les émissions Arte Reportage, Arte Regards, le dessous des cartes spécial coronavirus, les espionnes racontent, travail-salaire-profit… j’ai essayé de ratisser large tout en préparant mes carrot cakes.

Si je me sens suffisamment intelligente aujourd’hui pour ne pas donner de prénom à la con à mes enfants, c’est à Arte que je le dois.

Merci le service public !

 

 

Conclusion

Dans l’ensemble ce confinement n’a pas été déplaisant (j’attends le prochain pour me faire une opinion vraiment précise sur le concept).

Certes, j’ai déçu le nouveau capitalisme disruptif en n’ayant ni nouvelle idée de business ni nouvelle vision du monde (ce qui veut dire que je resterai une gauchiasse contestataire relativement improductive) mais j’ai acquis de nouvelles connaissances et j’ai développé un nouveau projet qui ne rapportera pas une thune (mais comme c’est le principe de « projet » qui compte, on s’en bat les reins).

 

Physiquement je suis en pleine forme même si j’ai toujours la souplesse d’un parapluie. Mon mental s’est habitué aux petites humiliations de mes séances de yoga (« Attrapez vos gros orteils avec vos doigts » Nope), ce que je considère comme une grande victoire.

 

J’ai eu l’occasion de lire (enfin !) les livres qui attendaient depuis des années dans ma bibliothèque sans avoir été obligée de passer par la case « Apocalypse zombie », ce qui est une bonne chose puisque je suis intimement convaincue qu’une épidémie zombie aurait été pire qu’une épidémie de coronavirus.

(même si je suis prête à accepter les opinions contraires)

Bien sûr il m’en reste encore un paquet donc en cas de reconfinement je suis parée !

 

Et Hercule Poirot est revenu par chez moi pour me tenir compagnie pendant la rédaction de mess articles, que demander de plus au monde et à TF1 ?

 

Bref, une expérience somme toute assez plaisante !

 

 

giphy_34

Pouvais-je vraiment finir cet article sans un gif d’un de ces Disney que je connais par coeur ?

 

 

 

 

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