Fais-moi mal

Hier soir j’ai replongé… j’ai répondu à un commentaire Facebook. 

 

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Je sais que c’est mal, je le savais au moment où je le faisais, j’ai tenté de lutter mais je l’ai fais quand même. Parce que je suis faible et que je reperds de nouveau beaucoup trop de temps sur Facebook. 

(c’est pas ma faute, c’est la faute des Neurchis que j’ai rejoins et qui me font beaucoup trop rire alors je vais sur fb pour rigoler un coup parce que 2021 me donne envie de manger du verre pilé et parfois je me fais piéger par un article sérieux. C’est de la fourberie !)

Evidemment ça c’est mal passé parce que c’est Facebook, si un jour un échange de commentaires respectueux et courtois a lieu Mark Zuckerberg implosera et dévoilera au monde sa vraie nature de Reptilien originaire de la lune creuse chargé de préparer les Terriens à la domination des T-Rex Nazis. 

Une complète inconnue, qui n’était même pas incluse dans l’échange de commentaires, s’est carrément permis de m’envoyer des messages très désagréables sur Messenger.

J’en ai été outrée et quand je suis outrée je fais un article sur mon blog. 

(ou j’écoute de la musique autotunée ou je râle auprès de mon copain ou je fais du sport ou je boude ou je mange ou je gonfle mes amis ou je me prends une cuite au Panaché ou un mélange de toutes ces options, mon imagination n’a aucune limite)

Et comme j’apprends vite tant qu’on m’explique longtemps, je suis retournée lire des commentaires fb aujourd’hui (mais je n’ai pas répondu, qui est-ce qu’on applaudit avec l’énergie du désespoir ?).

Pour les non-frontaliers, Edeka (une chaîne de supermarchés allemands) a annoncé sur les réseaux que le Länd du Bade-Wurtemberg autorisait les Alsaciens à revenir tant qu’ils étaient vaccinés, qu’ils portaient un masque et respectaient les distanciations sociales.

Florilège d’indignation dans les commentaires de gens aussi outrés que moi (Facebook, le réseau social des outragés) : appel au boycott d’Edeka, comment osent-ils exiger de telles choses de leurs clients, qui sont-ils pour obliger les Français à se vacciner…

J’ai passé 5mn à rire puis 10 à pleurer puis de nouveau 5 à rire puis 15 à pleurer puis…

Croire que c’est Edeka qui impose à ses clients la vaccination, et pas le Länd du Bade-Wurtemberg, c’est comme être persuadé que c’est Auchan qui impose à tous le port du masque et la limitation du nombre de personnes dans les magasins.

(alors qu’on sait tous que c’est les épisodes de Grey’s Anatomy qui inspirent Macron)

Ensuite j’ai appris que Marlène Schiappa voulait que Cyril Hanouna présente le débat de l’entre-deux tours des prochaines présidentielles.

(avec un peu de chance, Afida Turner reviendra sur sa décision de ne plus se présenter aux présidentielles 2022 et on aura un entre-deux tours Secret Story à l’Elysée : « Un de ces candidats pense qu’il existe un complot de pédosatanistes démocrates qui a coûté l’élection à Donald Trump. Pour trouver lequel, La Voix leur propose de faire de la plongée sous-marine dans un lac de javel ». Un bon moyen d’ouvrir la voie au vote par SMS d’ici 2027 « Tu veux trouver un candidat chaud dans ta région ? Envoie ELECTIONS au 8 12 12, ELECTIONS au 8 12 12 ») 

J’ai décidé de rajouter un peu de strychnine à mon shot de verre pilé avant de me dire que peut-être éventuellement il était possible que le problème vienne des réseaux sociaux et que je pourrais mener une vie heureuse et apaisée si je m’en éloignais. 

Sauf qu’on sait tous que je ne veux pas mener une vie heureuse et apaisée, je veux continuer à me sentir outrée à intervalles réguliers pour venir m’en plaindre ici et gonfler mes amies avec mes outrages (sinon sur quoi se basera notre amitié ? Le fait que je m’intéresse à leurs vies ? lol) tout en mangeant une boîte entière de Mikado « Non mais là je suis vraiment outrée, laisse le sucre me calmer » et en m’enfilant une pinte de Panaché « J’ai besoin de ces 0,5% d’alcool pour me désoutrager ».

J’ai donc décidé de faire une petite liste de ces activités qui me font du mal mais que je pratique quand même :

 

  • Lire les commentaires sur Facebook

Je sais qu’avec les 254 lignes d’introduction ça peut sembler évident mais je le rappelle quand même : les commentaires Facebook sont à la dignité humaine ce que Marlène Schiappa est à l’intelligence. 

A part sur les Neurchis ou certaines pages hautement qualitatives comme Complots Facile Pour Briller en Société ou Le Gorafi, où les usagers marient références culturelles et 12 000è degré pour mon plus grand bonheur, les commentaires fb sont de vrais nids à conflits. 

Entre bêtise crasse, grammaire approximative, surcharge d’émojis, arrogance injustifiée et agressivité mal placée, lire les commentaires sous n’importe quel article France Inter ou Courrier International c’est plonger tête la première dans une rivière pleine de piranhas assoiffés de violence virtuelle. 

(mention spéciale à ceux qui critiquent TOUS les articles de certaines pages, pourquoi suivre un journal qui te met visiblement autant en colère ? Pense à ta tension et au trou de la Sécu)

Et pourtant… et pourtant j’y retourne à chaque fois. Je sais que je vais m’énerver, je sais que je vais être déprimée et blasée mais c’est comme se trifouiller un bouton qui n’est pas encore sur le point d’éclater. On y revient toujours !

 

  • Manger dans un fast-food

Même si ça fait très longtemps (rapport au fait que depuis le confinement je mets un point d’honneur à ne commander que dans des restaus indépendants, en période de crise je ne vais pas donner le peu d’argent que j’ai à de grosses multinationales alors que le restaurateur du coin de la rue ne sait pas comment il va payer ses factures), je reconnais un certain goût pour les fast-foods.

Je sais qu’il existe de bien meilleurs burgers dans globalement n’importe quel restaurant (et même dans ma propre cuisine), que j’ingère probablement autant d’antibiotiques que de viande, que travailler là-bas est aussi épanouissant qu’un frottis vaginal et que ces entreprises chient sur approximativement toutes les valeurs qui me sont chères.

Mais….

Mais il y a le 280. Ou le Steakhouse de Burger King. Ou l’Ultimate au KFC. Les frites grasses et mal cuites. Les sodas trop sucrés bourrés de glaçons. Les portions microscopiques de mayonnaise. 

Et parfois j’entends juste mon corps hurler « DU GRAAAAAAAAS ! DU STEAK MICROSCOPIQUE ! DE LA SALADE FLÊTRIE ! DE LA FRITE MOLLE ! MAAAAIIIIIIIIIINTEEEEEENAAAAAAAAANT !!!! ». Alors bon, moi j’écoute mon corps hein.

 

  • Continuer de lire des romans qui se passent au Japon

J’ai suffisamment pleuré sur ce sujet mais je vais quand même recommencer, faut bien occuper son vendredi après-midi. 

Pour les nouveaux arrivants ou les anciens à la mémoire courte, avec monsieur Panda on a économisé pendant 2 ans pour se payer 3 semaines au Japon à l’automne dernier à l’occasion de nos 30 ans.

Pour ceux qui sont sortis de 7 ans de coma au mois de janvier, une chauve-souris a joué un remake de « Grosses chaudasses 7 » avec un pangolin (ou un mec d’un laboratoire ultra-secret a oublié de se laver les mains en sortant du boulot « Je suis un peu à la bourre là, au pire qu’est-ce qu’il peut se passer ? ») et bim ! pandémie mondiale et annulation de tous les voyages au-delà d’un rayon de 10km.

L’année dernière on se consolait en se disant que ça serait reporté d’un an, cette année on ne se console plus et on se laisse sombrer dans la dépression la plus profonde. 

Mais comme j’aime le masochisme autant que Darmanin le harcèlement, je continue de lire des mangas et des romans japonais. Le seul exotisme qu’on peut s’autoriser c’est une livraison de sushis le vendredi soir alors je me fais souffrir en lisant des histoires de gens qui habitent Tokyo, parlent japonais, dorment dans des futons sur des tatamis, vont dans des onsens et portent des uniformes pour aller à l’école. 

Ensuite je pleure.

Puis je recommence.

 

  • Ecrire

Comme 66 millions de Français, je profite du confinement, de la mort de ma vie sociale et de la fin de tout espoir pour me prendre pour la prochaine Simone de Beauvoir. 

Je bosse sur ce qu’on appelle sobrement « des projets d’écriture » (qui ne sont pas ce blog hein, je le précise tout de suite) et parfois ça me donne envie de rajouter des clous rouillés à mon shot de verre pilé à la strychnine. 

En-dehors du fait que c’est hyper dur de se motiver à bosser quand on n’a pas de deadline (mais une bibliothèque bien remplie, un smartphone, une télé et beaucoup trop d’appli de streaming), c’est difficile d’être satisfait de ce qu’on écrit. 

Parfois je me fais rire moi-même et je suis contente, je vais m’ouvrir DEUX Panachés et un sachet de chips à la crevette pour fêter ça avant de chanter La tribu de Dana

Parfois je déteste tellement ce que j’écris que je suis en colère contre moi-même et je me fais la gueule. 

(avant de m’envoyer des messages désagréables sur Messenger, y a pas de raison que ce soit un privilège réservé à des inconnues)

Je m’en veux, j’en veux à mon copain, mes parents, mes voisins, la caissière de Auchan, le chauffeur de bus et surtout, j’en veux à mon roman. Je l’engueule, je le punis en l’envoyant dans les tréfonds de mon PC et je le déteste. 

(alors que bon, c’est pas sa faute si je ne suis pas douée)

Sauf que finalement, j’y reviens toujours… à chaque fois je me dis « J’en ai marre, c’est des conneries je ferais mieux de mater les Marseillais en continu pour devenir Marlène Schiappa » et deux jours plus tard « Allez, un dernier chapitre… ».

Et ce cycle de l’enfer se répète tous les jours…

 

 

C’est tout pour ce soir, maintenant que c’est le week-end je vais pouvoir vider des Panachés devant des commentaires Facebook. C’est ça qu’on veut !

Bonne soirée à tou.te.s !

 

 

 

 

 

 

 

4 commentaires sur “Fais-moi mal

  1. Quand j’ai vu passer l’info sur Marlène Schiappa qui veut que Hanouna présente l’entre-deux tours j’ai pensé à toi et je savais que tu ne pourrais pas passer à côté :). Je crois que le lissage brésilien a fini de lui griller quelques connexions essentielles.

    Je compatis pleinement pour le Japon. Nous c’était prévu pour cette année le voyage. Dans un élan de positivisme on avait même réservé et commencé à payer le séjour jusqu’à ce que finalement il tombe à l’eau. On croise les doigts pour l’année prochaine.

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    1. Hahaha, effectivement ! Comment ignorer une telle « info » ? Ce qui est bien avec cette femme c’est que c’est une source constante d’inspiration, à chaque fois que tu penses qu’elle a touché le fond, elle arrive encore à creuser 2km.

      J’avais aussi espéré qu’on pourrait partir cet automne mais on a fait une crois dessus… On croise aussi les doigts pour l’année prochaine, peut-être qu’avec les vaccins ce sera plus facile de circuler

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